Avant de parcourir ces lignes, rappelle-toi de l’univers d’Harry Potter, de ses professeurs et de certaines créatures magiques. A cela, tu y ajoutes mes propres rencontres féeriques et ça te donne le joli mélange d’aventure que voici.

Tu remarqueras aussi quelques clins d’œil à un univers peu médiatisé aujourd’hui, mais qui a pourtant touché pas mal de rêveurs de ma génération, et parfois aussi, leurs parents. Je parle de l’histoire du 10ème Royaume. Tu connais ?

Belle lecture 😉

J’ai beaucoup parlé de charme de protection, de bouteille de poison et autre élixir farfelu pour illustrer cette nouvelle collection. Et pour cause, parmi les neuf pierres de gemme que j’ai travaillées pour toi, quatre sont en forme de fiole et n’attendent qu’une chose : de recueillir ta potion préférée.
 
Mais que l’on soit bien clair, il ne faudra pas faire les choses au hasard. Ces fioles de pierre sont chargées d’énergie et, de ce fait, elles influenceront le pouvoir de ta mixture. Le professeur Rogue m’a d’ailleurs été d’une aide très précieuse pour comprendre l’art délicat d’incorporer des pierres dans un élixir. Nous étions alors collègues, mais cette discipline n’a jamais été limpide pour moi. La botanique et l’étude des pierres étaient mon domaine de prédilection. Je reviendrai sur ces fioles un peu plus loin…

Le Chant des Golems

L’étude des minéraux n’a jamais occupé une place importante dans l’emploi du temps des élèves de Poudlard, à l’image de l’étude des créatures magiques qui a longtemps été négligée elle aussi. Ainsi je disposais de beaucoup de temps pour arpenter des contrées rocheuses, arides, montagneuses et y découvrir quelques petits êtres surprenants : les Golems Gemmofuroncloniques.

Ce sont de petits êtres de roche très expressifs sur lesquels poussent des furoncles de pierres semi-précieuses. Au cours de mes recherches, j’ai découvert qu’en fonction des colonies, leurs furoncles s’harmonisaient. Je me souviens de la première fois où j’ai fait ce constat. Je me suis trouvée face à des milliers de ces (plus ou moins) petites créatures. Toutes avaient des pustules de turquoise sur leurs visages granuleux. J’ai commencé à les prendre en photo avec un vieil argentique lorsque j’ai entendu des chants étranges, rocailleux, mais harmonieux s’élever autour de moi. Les golems se mettaient à chanter, faisant presque trembler le sol autour d’eux. Ces secousses firent tomber quelques gemmes de turquoise de leur face joviale que je me suis permise de ramasser avec leur approbation.

Je me suis ensuite installée près d’eux, en tailleur, les yeux fermés, en me laissant transporter par leurs mélodies. De temps à autre, une légère brise faisait danser mes cheveux sur mon visage telle une caresse. Ma tête se faisait lourde, je commençais à piquer du nez, une fois, deux fois… la troisième fois j’ouvris les yeux. Tous les golems avaient disparu sans que je ne me m’en rende compte. Leurs chants s’étaient envolés avec la discrétion et la douceur d’un murmure.

De retour dans mon atelier, loin des élèves et des contrées fantastiques, j’ai commencé à élaborer quelques artefacts magiques avec les fragments de turquoise précédemment récoltés. C’est lors d’une journée de pleine Lune, où les astres étaient à leur apogée, que la frénésie créative m’a envahie. Je me suis sentie l’énergie d’un alchimiste fou qui pressent qu’il va (enfin) percer de fabuleux secrets. Mais non, hein… 😅. J’ai ouvert mon livre de lithothérapie car ces pierres là ne parlent pas. J’ai alors compris la raison de cet enthousiasme soudain : on raconte que la turquoise contient l’esprit de création. Ce petit atterrissage mal contrôlé dans le monde réel m’a bien fait sourire…

Golems & Grottiz

Lors de ces nombreux voyages j’ai croisé un baroudeur qui était, lui aussi, à la recherche de Golems mais également de Grottiz. Ces créatures sont l’homologue des Golems dont je te parlais précédemment, à la différence qu’ils vivent dans des grottes.

Nous nous sommes rencontrés sur un chemin de crête ou j’avais juste assez de place pour poser ma tente et m’offrir le plus beaux des paysages au réveil. Avec un sac à dos plus gros que lui, l’homme avançait avec aisance en cette fin de journée printanière. Un regard, quelques échanges verbaux et nous nous sommes rendus compte que nous étions à la recherche des mêmes trésors. Mieux encore : aucun de nous deux n’était un moldu.

Ce voyageur me racontait sa passion pour les Grottiz. Il me disait que les premiers découverts se cachaient dans les grottes de Lascaux. Ces golems des cavernes ne produisent que très rarement des gemmofuroncles mais mon interlocuteur m’expliquait qu’il était parvenu à trouver quelques malachites çà et là sur le sol des grottes. C’est à se demander si ces petits êtres de pierre ne les semaient pas à mesure que les gemmes leur poussaient dessus…

Sur ce, nous échangeâmes quelques-unes de mes turquoises avec certaines de ses malachites. Une pierre parfaite qui représente l’aventure !

Je fini d’installer mon campement pour la nuit alors que l’homme reprit sa route en direction du sud.

Amour, douceur et clairvoyance

Quelques mois plus tard, j’ai reçu un hibou. Il ne m’apportait pas de lettre, juste une pochette de velours noir avec des pierres de quartz rose et des malachites. Je devinais alors qui avait pu m’envoyer ce sympathique présent.

Très inspirée, j’ai attrapé ma baguette magique dans le but de façonner une petite bouteille dans la plus grosse des gemmes de quartz que je venais de recevoir.

C’est avec cette fiole que j’ai réalisé mes premiers essais de potions à base de pierre. Je t’en parlais au début de ce récit. Il était temps pour moi de mettre en application les conseils de mon collègue. Severus m’avait mis en garde quant à la difficulté de mettre au point de tels mélanges. Alors allons-y patiemment, avec cœur et avec douceur.

Je ne vais pas partager avec toi tous mes secrets. En revanche, je te donnerais la liste des ingrédients utilisables ainsi que quelques paramètres à ne pas négliger afin de réaliser ce type de potion.

L’amour, la douceur, le cœur sont des énergies que l’on associe à Venus, aussi, une mixture comme celle que je vais (en partie) te confier, se réalise un vendredi. Les énergies doivent être hautes et généreuses, tu choisiras donc le vendredi qui précédera la pleine Lune.

Plusieurs plantes peuvent être associées au quartz rose en fonction de la saison mais aussi de tes intentions. Pour un charme qui visera une protection douce et enveloppante il te faudra de la bruyère, que l’on récolte en plein été. Pour une énergie plus collective et familiale, qui apportera de la douceur dans le foyer, on préfèrera le cyclamen, plante plutôt automnale. Mais mon coup de cœur va à la lavande car elle est à la fois protectrice, purificatrice et porteuse de douceur.

Maintenant, à ton chaudron !

La personne à qui est destinée cette potion pourra te laisser quelques cheveux. Élixir sec ou aqueux, pourquoi pas alcoolique pour un usage de type parfum… il en va, pour la suite, de ton imagination. Une fois achevé, tu glisseras ton mélange dans ta fiole de quartz rose pour le charger davantage en énergies de paix et d’amour. C’est maintenant le moment où je referme mon grimoire pour garder mes secrets de fabrication. A toi de jouer à présent.

Tu peux t’apporter les bonnes vertus de cette pierre de nombreuses manières. La fiole en fait partie, mais pour moins de fioritures, un simple bijou fera très bien son travail. Le quartz rose étant également une pierre d’intuition, elle sera un bel allié pour améliorer ta clairvoyance. Le professeur Trelawney m’avait d’ailleurs demandé de lui en faire un pendule, mais elle a fini par le perdre dans une de ses tasses blanches à fleurs roses si détestées des élèves…

Terre désenchantée

Cette anecdote sur le pendule du professeur Trelawney me rappelle un évènement survenu à la même époque avec mes élèves de Poudlard.

J’expérimentais un concept de cours qui mélangeait deux disciplines, et notamment mes matières de prédilection : la botanique et la minéralogie.

Avec cette classe de 5ème année de la maison Poufsouffle, nous sommes allés dans les serres pour récolter quelques plantes. L’objectif étant de réaliser un élixir sec (ou poudre magique) pour soigner les joueurs de quidditch après leurs matchs. Beaucoup d’élèves choisirent le chèvrefeuille et le citron, utilisés régulièrement dans les rites de guérison. Certains se risquèrent à sélectionner des plantes plus exotiques comme la calciflore voire même, des feuilles de saule cogneur. Mais de retour au labo pour faire leurs mélanges, quelques élèves avaient mal étiqueté leurs récoltes. L’un d’eux choisit une fiole de Rhodonite pour ces actions fortifiantes sur les muscles et les os (un très bon choix).

Puis, il pila deux herbes qu’il sélectionna en hochant les épaules, l’ai perplexe. Il y ajouta la terre du terrain de quidditch à côté duquel nous sommes passés pour rentrer au château. Soudain, sa tambouille commença à sentir le troll. Une fumée vert fluo se dégagea de son pilon. C’est alors que je compris : ce n’était pas de la terre qu’il avait ramassée un peu plus tôt, mais des crottes de sombrals. On les utilise préférentiellement dans les boutiques de farces et attrape pour faire des bombes puantes. Les élèves commençaient à avoir des haut-le-cœur, leurs visages se tordaient de dégout. Il fallut évacuer la classe dans l’instant !
La fumée verte est restée dans la pièce pendant au moins cinq jours, et le couloir a était condamné trois jours entiers. Les odeurs m’ont obligée à délocaliser la salle de classe dans les cachots pendant trois bonnes semaines, dans le froid et l’humidité. Tu n’imagines même pas la tête du pauvre Rusard quand il a dû s’occuper de limiter les dégâts pendant toute cette période.

Cette expérience malencontreuse aurait pourtant pu porter ses fruits car l’association de la calciflore et du chèvrefeuille, que j’ai reconnus avant que cet élève ne les broie, était fort ingénieuse pour venir à bout des blessures auxquelles sont confrontés nos courageux joueurs de quidditch.

Dans les entrailles du dragon

Les vacances qui suivirent cet incident furent extrêmement appréciées. D’une part parce que je pus enfin retrouver ma salle de classe dans les hautes tours du château, d’autre part car le moment était venu de partir dans des contrées lointaines, vraiment très lointaines.

De retour chez moi, il ne me fallut par longtemps pour préparer un sac avec le strict nécessaire. Puis, devant mon miroir je tournai un de ses ornements pour ouvrir un portail. Direction : un autre univers. Là-bas, il y a la Montagne du Dragon. Je ne sais pas si tu y es déjà allé. C’est un endroit splendide mais il faut faire preuve de vigilance avant d’en faire son ascension.
C’est une montagne où vivent des nains, fabricants de miroir, qui ont aussi une grande connaissance en matière de pierres.

Malheureusement, le miroir voyageur que je possède ne m’envoya pas exactement à l’entrée de la montagne. J’atterris à la frontière entre deux contrées : mon pays de destination et celui d’un roi, que nous connaissons très mal dans notre monde, celui du roi Wendell (petit-fils de la dernière Blanche Neige). Il me faudra plusieurs jours de marche pour rejoindre le pied de la montagne et encore quelques jours de courage pour retrouver l’entrée de la mine des Nains. Le temps est clément, doux et frais, idéal pour ce type d’aventure.

Or, mes souvenirs me jouent des tours. Je ne me rappelle plus exactement sur quel flanc de la montagne se trouve le crâne de cet immense dragon mâle. Il est incrusté dans la roche, la gueule effrayamment ouverte, et cache un long toboggan. Lequel débouche sur les rails où travaillent les nains. Après cela, il est très facile de se rendre dans les différentes salles des souterrains.

J’ai mis trois jours pour retrouver enfin ce crâne. Mes rations se faisaient de plus en plus maigres, cela dit, mon sac était de plus en plus léger aussi. Il était temps. Le toboggan était inchangé depuis tout ce temps. Les bonnes habitudes ne se perdent pas : je mis mon sac devant moi avant de glisser dans les entrailles de la montagne. A l’arrivée, j’évitai in extremis un chargement rempli de minerai. La lumière était faible par rapport à l’extérieur. L’odeur des rails chauffés par les roues des chariots donnait une atmosphère lourde à cet environnement sombre. Le cliquetis des pioches sur la roche témoignait d’un rythme de travail effréné.

Les nains m’avaient vue arriver. Mais il leur en fallait plus pour les détourner de leur tâche. Certains me saluèrent chaleureusement de loin, d’autres, qui m’étaient inconnus, me jetaient un regard en biais un peu plus hostile. Je parcourus les galeries pour me rendre dans les salles de finition des miroirs. J’y retrouvai Aëlig, qui supervise les commandes de miroirs magiques en tous genres, et Gustav, à qui je souhaitais poser quelques questions.

Gustav a un savoir millénaire en de nombreux domaines. Le souci, c’est qu’il est très vieux et, par conséquent, il est un peu dur de la feuille. De plus, son vieil âge et ses traditions l’incitent à s’exprimer et à répondre uniquement en rimes. Détail que j’avais oublié et qui commençait à me faire réfléchir sérieusement à la formulation de mes prochaines demandes. Oh oui, j’allais oublier : Gustav est un miroir.

Je m’offris le temps de bien formuler ma requête pour tenter une approche fluide. Après un instant, entre réflexion et marmonnage et avec les yeux rivés sur un ciel masqué par les galeries de la montagne où je me trouvais, je demandai :

« Cher Gustav,
Quel fruit de la Montagne puis-je utiliser
Afin de réaliser
Des objets de divinations
Qui assureront à la fois protection
Et ancrage profond ? »

Il ne me laissa pas le temps de souffler et me répondit avec une fluidité impressionnante :

« Deux Gemmes de la Terre Mère
Peuvent seoir à ton affaire.
L’une,
Telle la pupille du félin
Bannira les esprits malins
Ainsi, loin des lacunes
La compréhension en sera enrichie.
Alors que la seconde
Par sa noirceur infinie
Harmonisera le corps et l’esprit
Pour une conscience plus profonde. »

« La pupille du félin » c’était plutôt clair pour moi, c’est l’œil de tigre. Mais la pierre noire, il y en a tellement. Tourmaline, Obsidienne… et j’en passe. Les pierres de cette couleur sont très nombreuses. J’avais besoin d’un peu plus de détails.

« Comment puis-je distinguer
La pierre noire dont vous me parlez
Dans l’immensité des créations… (à ce moment je me suis demandée pourquoi j’avais eu l’envie soudaine d’ajouter cette phrase. Je m’en voulais : les deux premiers vers auraient largement suffi. Perturbés, mes mots restèrent en suspension dans un silence tonitruant lorsque je bégayais quelque chose qui devait ressembler à : )
Dont… la montagne… nous fait don ? »
 
Puis, j’eus un souffle de soulagement.
 
« C’est une cousine éloignée
De celle qui t’a accompagnée
Et une sœur incontestée
De mes agates bien aimées. »
 
Puis Gustav disparu avant que je ne parvienne à lui en demander plus. Je jetai un œil vers Aëlig qui me regardait en souriant. Il me proposa un thé que j’acceptai avec plaisir. Mes pensées se bousculaient à une vitesse ! Nous nous assîmes dans des fauteuils sculptés à même la montagne. J’avais la tête hypnotisée par le breuvage dans ma tasse.
 
̶  Quelles pierres sont les sœurs des agates ? Demandais-je à Aëlig ?
̶  Les Calcédoines.
̶  Les Calcédoines, répétais-je dubitative. Je sais utiliser les pierres, et encore… celles avec lesquelles je travaille couramment. Mais je ne sais pas du tout comment définir un « lien de parenté » entre elles (si on peut le dire ainsi).
̶  Il suffit de regarder comment elles poussent sur la montagne.
̶  Aëlig, tu me perds complètement…
̶  On parle beaucoup des pierres comme étant des cristaux n’est-ce pas ?
 
J’acquiesçai d’un signe de la tête, il reprit :
 
̶  C’est parce certaines d’entre elles poussent selon des formes géométriques qui sont plus ou moins visibles. Tu vois la pyrite par exemple ? Elle pousse naturellement en faisant des cubes.
̶  Je comprends mieux. Mais je ne sais pas comment poussent naturellement les cristaux d’agate, ni ceux de la tourmaline que j’ai autour du cou.
 
Désemparée je finissais mon thé qui avait bien refroidi. Puis je levai les yeux vers Aëlig qui affichait un air malicieux. Et je compris, dépitée, ce qui venait de se passer :
 
̶  Aëlig, ça n’a jamais été une énigme pour toi ?
 
Son sourire amusé répondit à ma question, puis il déposa devant moi un livre ouvert à la page de l’onyx. Cette humiliation devant ses confrères, et face à mon incompétence, nous valut un énorme fou rire.
 
Suite à cette « mésaventure », je restais quelques jours avec les nains pour élaborer deux bijoux divinatoires. L’un en œil de tigre, l’autre en onyx. Lesquels m’accompagnèrent ensuite, non pas à Poudlard, mais dans mon atelier rêveur.

Pierres qui roulent…

Sur le chemin du retour, quelque part entre l’un de ces mondes, je me suis trouvée devant une trainée de fragments d’améthyste. Un piège ? C’est toujours probable, mais franchement, je ne pense pas que ce soit le cas. Les Golems gemmofuroncloniques roulent sur eux même pour se déplacer. Ils leur arrivent alors parfois de semer leurs précieuses gemmes.

J’ai suivi cette trace sur une assez courte distance. En cinq minutes j’avais trouvé la colonie que je suivais. Beaucoup n’avaient plus de pierres sur leurs visages jovials tandis que certains ne s’étaient pas encore retournés et montraient leurs narines au ciel. Ceci provoqua chez moi un éclat de rire et de surprise car je m’aperçus que les golems avaient des escargots dans les trous de nez.

Cette colonie n’était pas du genre à pousser la chansonnette, du moins, pas pour le moment. Mais les voir rouler les uns autour des autres, puis s’efforcer de se redresser, avait quelque chose d’enchanteur et d’amusant à la fois. Leurs visages, toujours souriants, et leur attitude pataude, en faisaient des petits êtres à la compagnie fort agréable. Je choisis donc de m’établir ici pour la nuit, espérant m’endormir au chant des Golems. Or, tu imagines bien que je n’ai pas eu cette chance. Ce sont les cris des chouettes et des hiboux qui ont bercé mes rêves.

A l’aube, ces créatures de pierre étaient figées. Plus une expression ne se dessinait sur ce qui était désormais de simple cailloux.

Au bout de quelques jours, j’étais enfin de retour chez moi : tiraillée entre le plaisir de retrouver enfin un peu de confort, et la nostalgie de cette aventure qui prenait fin. Mais ce n’est qu’un chapitre dans une grande histoire finalement.

J’ai rangé les améthystes dans un tiroir et, sans le vouloir, je les ai oubliées. Ce n’est que des années plus tard, en faisant un ménage de printemps bien mérité dans l’atelier, que j’ai remis la main dessus, faisant resurgir d’innombrables souvenirs. Alors, comme ma capacité de concentration était quasiment inexistante, je stoppai mon nettoyage pour me mettre à créer une multitude de bijoux avec ces gemmofuroncles. Mais baste, je pars déjà très loin dans le passé de ce récit 😅 et je ne t’ai pas encore parlé de ce qui a suivi ces vacances lorsque je suis retournée à Poudlard 😉.

Rêve étoilé

De retour à Poudlard, il était temps pour moi de perfectionner mes tentatives en alchimie. Initiée par un grand maitre des potions, je cherchais les meilleures combinaisons pour une commande de potion de vérité. La mandragore fera donc une très bonne base. Mais cet élixir de vérité n’aura rien d’un puissant Véritaserum. Pour cette demande surprenante, il est plutôt question de chercher une vérité au plus profond de soi. Le genre de vérité qui nous échappe pour des milliers de raisons, par peur d’admettre qui nous sommes réellement, de ne plus nous reconnaitre, ou finalement, de prendre enfin le courage de nous rencontrer.

Dans ce cabinet d’expérimentation qui s’assombrissait à mesure que le soleil se couchait, il n’y avait qu’un ingrédient qui me venait à l’esprit pour une telle introspection : une pierre. Celle qui enferme subtilement, au cœur de ses entrailles d’un bleu profond, quelques rayons de lumière, comme le ferait quelqu’un qui ne s’est pas encore révélé.

Cette gemme, à elle seule, est un tableau nocturne parsemé d’étoiles qui aspirent inconsciemment à devenir un puissant soleil. Tu l’as peut-être compris, cette pierre bleue parsemée d’or est un lapis lazuli. Pierre de dignité et d’intégrité, elle aide à dire la vérité et à l’accepter car elle représente la sagesse de l’esprit supérieur. C’est la raison pour laquelle elle est associée au chakra frontal. Ainsi, elle développe aussi l’intuition, apporte la gaité et dissipe les blocages émotionnels. Elle est donc parfaite !

La Lune était grosse et ronde à travers la fenêtre. Sa lumière concurrençait celle des bougies qui faiblissaient d’heure en heure. Entre grimoires, chaudron et baguette magique, je regroupais toutes mes connaissances pour remplir la mission qui m’était confiée. Puis, étrangement, je sentis une drôle de chaleur m’envelopper. Elle était de plus en plus forte alors, j’ouvris un œil.

Quoi ?

Non…

C’est le soleil qui me réchauffe ainsi !

Je lève la tête, arrachant maladroitement une page d’un ouvrage qui s’était collée sur ma joue. Je traverse mon labo en prenant magistralement le coin de mon bureau dans la cuisse. Là, sans intégrer que j’allais avoir un bleu monumental sur la jambe, mon attention est attirée par un objet céleste. Un bijou qui, suite à ce réveil un peu chahuté, était à deux doigts de tomber et de finir sa course sous une de mes armoires. Mais il était là : le fruit de cette nuit de travail. La fiole de vérité était devant moi sans que je n’y comprenne grand-chose.

Cela dit, ce n’était pas le moment de réfléchir davantage. J’avais un cours à assurer et je manquais de fraicheur. Je descendis aux cuisines prendre un petit remontant puis j’assurai la classe en m’efforçant de ne pas laisser paraitre ma nuit blanche aux élèves. Mais ces petits démons le sentent toujours quand tu as un moment de faiblesse, et pour des raisons que je n’explique pas, ils avaient goût à la taquinerie ce matin-là.

La pause méridienne arriva enfin. Je m’assis aux côtés de Rogue. J’avais hâte de partager avec lui mon expérimentation de la nuit pour faire un trait sur cette matinée agitée. Mais avant que je ne lui confie quoi que ce soit, il m’informa que j’avais une page de grimoire imprimée sur la joue.

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